Pourquoi prendre soin de soi avant de concevoir un enfant?

De nos jours, lorsqu'une femme est enceinte, elle suit généralement les recommandations officielles et évite un certain nombre de toxines reconnues comme telles par les institutions publiques. Aux premières places du podium se trouvent les drogues illicites, l'alcool, la cigarette, les produits crus porteurs potentiels de bactéries comme la listéria ou les salmonelles et dans une certaine mesure - en fonction de ses antécédents et de l'avis de son gynécologue sur la question - tout aliment pouvant transmettre la toxoplasmose. La plupart des médecins aujourd'hui recommande le tout sécuritaire dans ce domaine : exit les tartares, sushis, fromages crus, et parfois même poissons fumés, charcuterie en général, tous les fromages à pâte molle. Je ne rentrerai pas dans le débat sur le bien fondé de toutes ces interdictions  au regard de la probabilité réelle de tomber malade en mangeant un des aliments incriminés ci-dessus. Ce n'est en effet pas ma place et je pense que chacun doit se faire sa propre opinion de la question en fonction de son besoin personnel de sécurité.

 

Mais en tant que naturopathe, je ne peux pas m'empêcher de m'agacer que les services publics semblent considérer que ces précautions suffisent à garantir la bonne santé future du fœtus et ne remettent pas en cause les autres drogues, certes plus douces mais tout aussi insidieuses, qu'une grande majorité de la population française ingère quotidiennement : sucres rapides en particulier, glucides en général, additifs alimentaires, pesticides, perturbateurs endocriniens et j'en passe.

 

La future mère est non seulement la terre dans laquelle l'embryon prend racine, mais aussi le soleil qui le réchauffe, l'air qu'il respire, les nutriments qu'il absorbe. Elle est l'organisme qui absorbe, filtre, contrôle et livre tout ce dont le fœtus a besoin pour grandir de manière optimale, à une période particulièrement critique de sa vie. Toutes ses carences personnelles et les toxines qu'elle a emmagasinées au fil des années dans son corps, ses organes, ses graisses... peuvent donc avoir un effet sur le développement du fœtus, l'organisme maternel n'étant alors pas en mesure de fournir ce dont il manque lui-même. Une maman en bonne santé est un cadeau extraordinaire pour son bébé, pour son présent et pour son futur. Ce constat de bon sens est malheureusement très souvent minimisé par le corps médical, mis à part quelques cas très spécifiques, les véritables conséquences de ces troubles chroniques latents étant en effet difficiles à mettre en évidence de manière irréfutable.

 

La carence en vitamine B9 ou acide folique est très médiatisée, sa conséquence, une malformation du système nerveux du fœtus connue sous le nom de spina bifida,  étant clairement documentée et facilement évitable.

Mais de nombreux autres vitamines, minéraux et oligo-éléments jouent un rôle prépondérant dans l'accompagnement de la grossesse. Le calcium prévient l'hypertension et la pré-éclampsie, tout comme les oméga 3 et la vitamine D qui diminueraient également le risque de naissance prématurée. La vitamine D va aussi participer à réguler l'absorption du calcium et du phosphore pour créer un squelette embryonnaire de qualité. Or la majorité des français manque de vitamine D, notamment en hiver.  L'iode évite le retard mental du bébé, les oméga 3 et le magnésium réduisent le risque d'hyperactivité future de l'enfant à naître. Le taux de fer influe le poids de naissance du bébé et la survenue d'une dépression post-partum... Des études sur l'autisme laissent à penser que l'importance des troubles du spectres autistiques pourraient être influencée par des carences nutritionnelles éventuelles. Et ce ne sont que quelques-uns des données les plus connues, le développement des connaissances dans ce domaine ne cessant de se préciser.

Les gynécologues recommandent aujourd'hui systématiquement des compléments alimentaires spécifiques à la grossesse chez toutes leurs patientes enceintes. Une prise de conscience des besoins accrus de la mère et du fœtus pendant cette période si particulière de la vie est donc bien présente. Mais une prise de sang ou une anamnèse complète et efficace précède rarement cette prescription. Elle est par conséquent la même pour toutes les femmes, quelles que soient les carences éventuelles réelles, et perd ainsi en intérêt. La capacité d'absorption des intestins n'est en outre absolument pas prise en considération dans cette évaluation de l'organisme de la patiente. Lorsqu'un individu souffre d'une carence en minéraux, vitamines ou oligo-éléments couramment apportés par l'alimentation, la cause est soit à chercher dans un déficit d'apport nutritionnel, soit dans une difficulté des intestins à absorber correctement une grande partie des nutriments ingérés. Parallèlement à des conseils d'hygiène de vie sur la quantité et la qualité des aliments à ingurgiter, le travail du naturopathe consistera dans ce cas à proposer un travail de fond en amont sur les principaux organes et les émonctoires tels que les intestins, le foie et les reins.

 

La grande difficulté qui peut alors survenir si cette prise en charge n'a pas été effectuée suffisamment tôt, à savoir avant la conception, c'est que le champ d'action s'avère grandement réduit par la présence de l'embryon, chaque plante, chaque complément proposés ayant une influence potentiel sur le développement de ce dernier. Notre palette d'outils potentiels est en effet réduite comme peau de chagrin lorsque nous accompagnons une femme enceinte ou une femme allaitante. Une des premières étapes de l'accompagnement naturopathique destiné à retrouver la santé est généralement une phase de détoxification consistant à nettoyer plus ou moins en douceur l'organisme en éliminant non seulement les toxines ingérées mais aussi toutes celles qui ont été emmagasinées dans le corps dans les mois et années précédents. Cette étape particulièrement importante et efficace ne sera plus envisageable dans sa forme classique tant que la mère sera enceinte et qu'elle allaitera son enfant, puisque celui-ci serait alors soumis à une avalanche de toxines délétères pour son développement en buvant le lait maternel - les seins font en effet également office d'émonctoire, de vidange. En envisageant que cette femme allaite plusieurs années ses enfants et qu'elle enchaîne les grossesses, le travail de nettoyage du corps devra alors peut-être attendre pendant des années.

 

Or, s'il est bien un moment de la vie où la manière de s'alimenter peut varier et se détériorer, c'est la période périnatale ainsi que celle correspondant aux premières années de vie du nourrisson. Les modifications hormonales, la fatigue voire l'épuisement dus à la grossesse et à l'accueil d'un nouveau-né au rythme totalement inadapté au nôtre, le besoin de réconfort, le baby blues ou la dépression post-partum, tout cela peut pousser les mères à se tourner vers des aliments doudous riches en glucides et en lipides permettant de booster rapidement l'organisme sur le court terme. Manquant souvent d'énergie et de temps pour concocter des repas adaptés et sains, les nouvelles mamans auront alors tendance à se reporter sur des plats préparés, des sucreries, des choses simples mais peu intéressantes d'un point de vue nutritionnel comme du pain et du fromage. Et c'est un cercle vicieux qui se met en place. Le stress engendré pendant la phase inévitable et nécessaire d'adaptation à la nouvelle dynamique familiale, la détérioration de la qualité nutritionnelle, la dégradation de la quantité et de la qualité du sommeil..., créent un environnement propice à la détérioration de la paroi entérine et du microbiote intestinal. Ce qui impactera à terme la capacité d'absorption et augmentera la portée des carences existantes. Un deuxième ou troisième enfant aura ainsi potentiellement plus de possibilités de souffrir de manques nutritionnels essentiels à son bon développement, l'organisme maternel s'encrassant avec le temps et l'âge.

 

Un autre impact éventuel d'une hygiène de vie inadaptée de la mère sur le nourrisson se situe dans le transfert du microbiote maternel à la naissance. Pour en savoir plus sur le sujet, vous pouvez relire mon article sur la question: le microbiote des bébés.

Comme vous le voyez, la question de l'accompagnement naturopathique de la grossesse est bien plus large qu'il n'y paraît à première vue. Et celui-ci devrait se faire idéalement deux ou trois mois avant la conception afin de booster la fertilité et de diminuer le risque de fausses-couches. Le corps est en effet plus apte à faire de la place à un nouveau venu s'il sent que l'environnement dans lequel celui-ci s'implantera est stable et suffisamment riche. Ce suivi n'est d'ailleurs pas uniquement intéressant pour la future maman, mais aussi pour le papa. La qualité des spermatozoïdes est également impactée par l'alimentation moderne, notamment le manque de zinc, de sélénium, l'excès de graisse abdominale, les pesticides, les ondes... et peut influer la difficulté à procréer et le risque de fausse-couche. Ajoutons à cela qu'une modification des habitudes de vie est de toutes manières quasiment toujours vouée à l'échec lorsqu'un ou plusieurs membres de la famille ne participe pas activement à la mise en place de ce nouvel art de vivre. Il est très difficile de trouver en soi la persévérance et le courage suffisant pour modifier en profondeur des habitudes ancrées depuis longtemps dans son quotidien. patience et force de caractère sont indispensables pour créer de nouvelles habitudes et s'il faut affronter des tentations régulières chez soi ou si notre conjoint ne nous apporte pas le soutien nécessaire, il sera très compliqué de tenir sur le long terme. C'est forcément un travail d'équipe qui doit se mettre en place.

 

Je me rends compte de ce que ce texte peut avoir d'inquiétant ou de culpabilisant pour les parents n'ayant pas pu entreprendre ses démarches de santé à temps. Il est important de faire la distinction entre culpabilité et responsabilité. Une personne peut être responsable des conséquences de ses actes sur elle-même et sur les autres sans pour autant devoir se montrer coupable des choix réalisés. Gardez de plus à l'esprit que je parle ici de probabilités, de risques et non de certitude ou de rapports causes-conséquences. Comme souvent, un facteur déterminé ne déclenchera pas seule une pathologie quelconque sans un faisceau de facteurs prédisposants antérieurs. Il est néanmoins toujours intéressant d'essayer d'inverser la tendance d'une manière ou d'une autre et il n'est quasiment jamais trop tard pour bien faire. Ne vous laissez donc pas décourager par ces informations que vous venez de lire, et cherchez à améliorer activement et efficacement votre santé et votre alimentation en conscience. Idéalement, avec un bon naturopathe qui saura vous conseiller des pistes adaptées à vos propres spécificités de vie.

 

J'ai mis à votre disposition deux packs maternités pour vous accompagner au mieux au cours de votre grossesse : un pack composé de 4 séances et débutant idéalement avant la conception (puis une séance par trimestre de grossesse) et un pack composé de seulement 3 séances pour les femmes déjà enceintes. Vous trouverez toutes les informations relatives à ces propositions sur la page Consultations et tarifs.

 

Prenez soin de vous et de votre futur bébé! Il est toujours plus simple de partir sur de bonnes bases.

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Commentaires: 1
  • #1

    Céline (vendredi, 02 août 2019 19:59)

    Super intéressant, merci beaucoup pour ces informations très précieuses.

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Certifiée Féna, la Fédération Française des Écoles de Naturopathie

 Membre de l'OMNES, Organisation de la Médecine Naturelle et de l'Éducation Sanitaire