Tout est une question d'équilibre

L’enfant n’a pas toujours été considéré comme un individu à part entière dont les besoins étaient à prendre en compte avec le même respect que celui voué aux adultes. Heureusement, depuis une ou deux générations, la société a évolué sur ce point, même si elle a encore un long chemin à faire. Mais, comme toujours, lorsque nous flirtons avec les extrêmes, nous devons parfois en subir les conséquences. Ainsi, ce revirement nécessaire a un contre-coup : il existe aujourd’hui de jeunes enfants qui n’ont pas appris à respecter l’importance et le poids des besoins d’autrui dans leur quotidien.

 

En évoluant dans des milieux alternatifs, je vois régulièrement des enfants qui ne savent pas tenir compte des besoins d’un groupe et à qui, sous prétexte de non violence éducative ordinaire, on ne demande jamais de renoncer à leurs envies du moment pour quelque chose de plus transcendant, de plus beau, à savoir la dynamique familiale ou la dynamique de groupe. Il y a quelques années, je n’aurais pas écrit un tel texte car je ne pensais pas qu’il était possible de tordre à ce point la réalité de la société. Je ne croyais pas qu'un enfant puisse grandir sans apprendre réellement de lui-même ce qu’est la frustration répétée. Or, je n'en suis plus si sûre à présent. Je me retrouve de plus en plus souvent à expliquer aux parents que j'accompagne qu’ils doivent faire également attention à eux et à leurs propres besoins, que tout est affaire d’équilibre. Mon public est bien évidemment biaisé puisque la majorité des parents qui viennent me consulter sont déjà acquis à la cause. J’accompagne relativement peu de familles avec une vision classique de l’éducation. Ma remarque s’adresse donc certainement à une niche de la population. Mais je vois sans cesse de nouveaux enfants qui me paraissent en souffrance parce que leurs parents ont peur de les frustrer, peur de leur proposer des choses, peur de les influencer et de les priver de leur liberté, de leur libre arbitre, peur de leur imposer des choix… Il est temps de redresser la barre !

 

Un enfant a besoin de pleurer, d’exprimer ses opinions, ses envies, d’être entendu. D’être triste, joyeux, en colère, agacé, jaloux, furieux… C’est normal et c’est même très sain. Mais un enfant qui crie sans cesse et qui ne supporte aucune frustration, aucun choix qui ne soit pas le sien – mis à part une période finalement assez courte vers 2 ou 3 ans – est un enfant qui va mal. Alors, il peut y avoir tout un tas de raisons à cela, l’hygiène de vie (alimentation, gestion du stress, gestion des écrans, temps passé à jouer librement en pleine nature…) qui m’est si chère en naturopathie étant une d’entre elles. Cet enfant souffre peut-être de troubles du comportement. Il a peut-être vécu dernièrement un traumatisme qu’il ne parvient pas à évacuer… Il existe néanmoins également une autre raison à cela : c’est peut-être un enfant qui ne vit pas – contrairement à ce que ses parents pensent - selon une éducation bienveillante et respectueuse de lui-même et de son entourage, mais un enfant imprégné de laxisme parental.

 

 Et c’est là que se trouve la grande difficulté. À force d’avoir peur de mal faire, de contraindre et de tuer la créativité et la joie de vivre de son enfant, certains parents basculent de la parentalité positive vers une forme de laxisme où ils n’osent plus imposer leurs propres valeurs et leurs idées, même si celles-ci sont légitimes pour la mini-société que constitue leur cercle familial. Et l’enfant devient roi.

 

L’art d’être parent passe par la découverte très subtile et très personnelle de ce curseur, de cet équilibre entre les besoins de mon enfant et les miens. Entre les siens et ceux de tous les membres de votre famille, quels que soient les membres que vous désiriez y inclure (famille généalogique et/ou amicale). Cet équilibre est mouvant, il varie en fonction de l’âge de l’enfant, de sa capacité à attendre, à comprendre le monde, de votre état de fatigue, de la qualité du soutien extérieur que vous pouvez recevoir… Et il est fragile, vous devez sans cesse le remettre en question et le réévaluer. Mais il est la clef de voûte de tout le reste.

Trouvez la bonne distance, la bonne posture dans votre rôle de parent. Certains y parviennent seuls, d’autres ont besoin d’aide. Cela a finalement peu d’importance. Ce qui compte, c’est que vous sachiez où vous allez et que vous avanciez. Vers un pays où vous serez tous – parents et enfants, - sereins sur le long terme, indépendamment des vicissitudes inévitables de la vie.

 

 

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