Non, nos enfants ne sont pas de petites choses fragiles sans défense

 

Il est très difficile pour moi d’écrire des articles sur la parentalité pour un lecteur lambda que je ne connais pas. En parentalité, tout est en effet une affaire de curseur. Ce curseur doit être positionné en fonction d’une norme générale, mais également selon des critères personnels et familiaux. Lorsque je m’adresse à une personne avec une vision relativement « classique » de la parentalité, j’insiste sur l’importance des violences éducatives ordinaires, sur l’écoute de l’enfant, sur ses besoins, sur sa fragilité relative, sur sa nécessité absolue de passer le plus de temps possible avec sa figure de référence. Lorsque je m’adresse à une personne imprégnée par les préceptes de la parentalité positive, j’ai souvent besoin en revanche – en atelier ou en consultation individuelle – d’insister sur des concepts opposés : l’importance d’écouter ses besoins de parents, de ne pas s’oublier, de prendre soin de soi. Dans les deux cas, ces deux personnes ne mettent pas le curseur au même endroit et sont, selon ma vision des choses, en déséquilibre dans un sens ou dans l’autre. J’essaie alors de les amener à retrouver une forme de balance entre les besoins des différents membres de leur famille, dans le respect de chacun.

 

Or, je travaille essentiellement avec des personnes déjà plus ou moins acquises à la cause et désireuses d’être accompagnées dans leur cheminement, soit parce qu’elles se sont un peu perdues en chemin, soit parce qu’elles ne savent plus comment avancer, comment mettre en place de manière pratique ce qu’elles ont plus ou moins intégré au niveau intellectuel. Dans ces cas, je me retrouve souvent à leur expliquer que non, leurs enfants ne sont pas de petites choses fragiles sans défense. Qu’est-ce que je veux dire par là ?

 

Une fois leurs besoins physiologiques comblés (besoin d’attachement, de nourriture, de sommeil, de propreté, de sécurité, d’appartenance, d’amour, de respect…) - et là-dessus, par contre, les parents ne peuvent pas tergiverser : ces besoins doivent être comblés le plus souvent possible, par des partages réguliers de moments de qualité -, nos enfants sont capables de surmonter à peu près tout le reste tout seuls. Cessons de vouloir les aider à tout prix, quelles que soient les difficultés qu’ils ont à surmonter. Laissons-les tâtonner, échouer et se relever par eux-mêmes. En intervenant dans leur processus d’apprentissage, même avec la meilleure volonté du monde, pour les aider, par amour et pour les protéger, nous les rendons vulnérables et dépendant de nous. Nous ne leur rendons pas service, contrairement à ce que nous pensons.

 

Oui, en mettant ses chaussures à notre enfant qui essaie de le faire seul, nous gagnons du temps sur le moment. Mais nous lui signifions également qu’il n’ait pas capable de le faire lui-même, qu’il ne peut pas s’en sortir sans nous. Idem lorsque nous prenons des mains d’un enfant un paquet trop lourd pour lui, alors qu’il le porte tant bien que mal de toutes ses petites forces. Lorsque nous expliquons à un enfant qui grimpe sur un portique où il doit poser ses pieds ou lorsque nous repassons derrière un enfant qui a mis la table pour corriger ce qu'il a fait.

 

 

Mais quelle serait la meilleure attitude à avoir, alors? Il faut rechercher l'attitude la moins intrusive possible, tout en signifiant sa présence rassurante à l'enfant.

 

Pour cela, vous pouvez vous inspirer de ce qui suit: Restez à côté de votre enfant afin qu’il se sente en sécurité et attendez avec bienveillance qu’il finisse sa tâche ou qu’il demande de l’aide de lui-même. Dans ce dernier cas, vous pouvez soit lui proposer de réessayer si vous sentez qu’il n’était pas loin, tout en lui signifiant que s’il le désire, vous pouvez bien évidemment l’aider, soit passer à l’action directement selon votre interprétation de la situation. A vous de voir. L’idée est de créer un environnement sécurisant offrant à votre enfant la possibilité de faire ses propres erreurs. Et surtout, de laisser l'enfant libre de décider s'il a besoin de vous ou non. S'il est prêt à faire ses propres expériences, avec ou sans vous. Cela lui permettra de gagner en confiance en lui et en autonomie sur le long terme, tout en apprenant l’importance de la persévérance dans les apprentissages.

 

Faites aussi très attention à votre langage corporel. Si vous avez peur pour lui, si vous êtes inquiet de voir votre bambin grimper tout seul en haut du toboggan - même en étant juste derrière lui pour le sécuriser et le récupérer s'il glissait -, vous aurez sûrement du mal à le cacher et votre enfant le remarquera à votre crispation éventuelle. Il est donc important que vous réfléchissiez à vos peurs inconscientes en parallèle pour tenter d'en trouver les véritables causes et pour trier les peurs irrationnelles des peurs légitimes. En attendant, vous pouvez si possible déléguer l'accompagnement de votre enfant dans ces moments qui vous mettent en insécurité à un autre adulte ou à un enfant plus grand. Ou tentez de vous rassurer et de diminuer votre rythme cardiaque par une séance de cohérence cardiaque, d'EFT ou de visualisation positive accompagnée de respirations abdominales profondes. L'idée conductrice étant de transmettre aussi peu que possibles vos propres peurs irrationnelles à vos enfants.

 

En résumé, ne demandez jamais à un enfant qui est concentré sur ce qu’il fait, qui est dans le flow selon le concept de Mihaly Csikszentmihalyi, s’il a besoin d’aide. Signifiez au mieux votre présence par un sourire bienveillant et attendez. Vous lui ferez ainsi un des plus beaux cadeaux : vous lui apprenez que vous avez confiance en lui et qu’il peut également avoir confiance en lui-même.

 

Et puis, cerise sur le gâteau, vous vous reposez indirectement en en faisant moins sur le long terme! Et cela, franchement, cela vaut bien toutes les petites imperfections du monde. En faire moins pour gagner plus: n'est-ce pas un superbe slogan? Cela devrait en tout cas être celui de tous les parents paresseux!

 

 

 

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