Commencez par vous aimer

J’accompagne depuis quelques semaines une maman rencontrant des difficultés au quotidien avec sa fille de 5 ans. Et comme souvent avec mes clientes, après quelques exercices pratiques et mises en situation, nous nous retrouvons à travailler en séance sur son propre besoin d’amour. J’en viens alors à lui donner des pistes pour apprendre à s’aimer dans le but de retrouver une vie de famille plus harmonieuse. Cela peut paraître tiré par les cheveux au premier abord et pourtant, je peux vous assurer que ma double expérience de maman et de professionnelle de l’enfance m’amène très souvent sur ces chemins sinueux et escarpés de l’amour de soi. En travaillant sa relation à elle-même, j'explique ainsi à ma cliente qu’elle va pouvoir par ricochet travailler sa relation à sa fille. Et j'ajoute que la route sera certainement longue et ardue. Apprendre à s’aimer lorsque l’on a manqué de sécurité affective pendant l’enfance, c’est effectivement le travail de toute une vie. Mais le jeu en vaut la chandelle !

 

Essayons de détailler un peu plus précisément ce lien de cause à effets.

Les attentes des parents concernant l’avenir de leurs enfants ont évolué. De valeurs tournées vers la société, dans une construction envisagée par rapport aux autres, au travail, à la position sociale, nous avons lentement dérivé vers des valeurs plus individuelles, tournées vers l’intérieur, vers l’épanouissement personnel. La parentalité a donc inévitablement changé elle aussi, avec de nouveaux objectifs et de nouveaux outils. La parentalité positive, très mise en avant depuis une dizaine d’année en France (et sur ce site), en est un des fers de lance.

Or, de nombreux adultes ayant à cœur de bien faire les choses et d’offrir le maximum à leurs enfants se noient parfois dans ses méandres. Ce mode de vie véhicule des valeurs si belles, si vraies et si enthousiasmantes qu’en le découvrant, certains s’y jettent avec toute la force de leur conviction et leur envie de bien faire, sans aucun filet de sécurité. Et il arrive malheureusement qu'ils s’y perdent. Parmi eux, beaucoup de parents, notamment de mamans, qui cherchent l’approbation et l’amour de leurs enfants de manière excessive dans le but inconscient de combler un manque personnel. Être parent, c’est aussi savoir dire non quand c’est nécessaire pour l’équilibre familial ou pour son propre mieux-être. C’est aussi accepter de frustrer son enfant, non pas de manière artificielle comme on l’entend malheureusement encore régulièrement, mais de manière naturelle, parce que les frustrations font partie du quotidien et que surprotéger ses enfants sans raison valable ne les aide pas sur le long terme.

  

Nous sommes passés d’une société où l’enfant avait une place moindre par rapport à l’adulte à une multitude de cellules familiales dans lesquelles l’adulte a parfois du mal à trouver sa place. Les extrêmes ne sont jamais de bons alliés. Chaque entité de la famille a le droit au même respect, au même amour et à la même bienveillance. Les enfants étant en phase d’apprentissage, nous, les parents, nous devons faire preuve de patience et d'indulgence pour leurs défaillances bien compréhensives. Il est toutefois primordial de ne pas perdre de vue qu’ils ne sont pas là pour légitimer notre existence.

Si je ne m’aime pas, j’aurais du mal à me positionner correctement vis-à-vis d’eux, j’aurais l’impression d’être une mauvaise mère quand je leur demanderai de participer aux tâches familiales, je m’en voudrais de leur imposer de temps en temps des besoins différents des leurs. Alors que si la relation que j’entretiens avec eux n’entache pas la valeur que j’ai à mes yeux, je serai capable de comprendre que leur colère est passagère et de leur expliquer avec amour que je n’accepte pas qu’ils me parlent de cette manière ou que là, tout de suite, je ne suis pas en mesure de rester plus longtemps au parc, mais que demain par exemple, ce sera possible. La vie de famille, c’est une vie en communauté : chaque membre doit y mettre du sien et faire des compromis pour que tout se déroule au mieux.

 

Ce qui est en cause ici, ce n’est pas la parentalité positive. Je ne vous engage absolument pas à renoncer à cette approche bienveillante de l’enfant ni à aiguiller la relation parents-enfants vers une direction plus autoritaire. Au vu des difficultés que rencontrent de plus en plus de clientes, je veux toutefois insister sur les déficiences qui peuvent parfois naître de ce choix éducatif lorsque l’un des parents surinvestit pour de mauvaises raisons cette relation. Ces défaillances viennent en réalité de nos modes de vie et du manque de garde-fous sociétaux qui pourraient être en mesure d’aider les familles fragiles au quotidien. Si j’ai tendance à en faire trop et à m’oublier systématiquement au profit de mon enfant mais que je suis entourée de personnes stables et aimantes pouvant prendre le relais et contrebalancer le manque de respect que j’ai envers moi-même auprès de mes enfants, alors tout ira bien sur le long terme. Mais si je manque de référents de confiance, si je manque de temps, si je suis continuellement stressée par un travail aux conditions inhumaines et si mon réservoir affectif n’a ni le temps, ni les possibilités physiologiques de se remplir, je vais au devant de gros problèmes.

 

Il est par conséquent essentiel que j’apprenne à m’aimer suffisamment pour savoir dire non lorsque c’est nécessaire et pour pouvoir me protéger. Car personne d’autres ne le fera à ma place.

 

En conclusion, je terminerai donc ce texte par cette pensée qui me guide ci-souvent en ce moment dans mes consultations:

"Si vous voulez que vos enfants aillent bien, apprenez à vous aimer. Soyez bienveillants, indulgents et respectueux envers vous-mêmes ; apprenez à vous connaître, à savoir ce qui vous fait du bien ; connaissez vos forces et vos faiblesses et acceptez-les avec amour. Vous ferez à vos enfants un immense cadeau."

 

 

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