Pourquoi est-ce si difficile d'être parent aujourd'hui?

Peut-être vous posez vous parfois la question: pourquoi ai-je tant de mal à être parent?

Pourquoi est-ce si difficile pour moi d'être maman ou papa? Pourquoi est-ce que je craque si souvent? Pourquoi est-ce que je suis si épuisé(e)? Pourquoi est-ce que je ne les supporte plus? Pourquoi est-ce que je ne parviens pas à m'épanouir dans la parentalité alors que j'ai tant attendu mes enfants? Alors que tout le monde dit à quel point c'est merveilleux d'être parent? Pourquoi est-ce que je n'y arrive pas alors que les autres s'en sortent si bien?

 

Alors d'abord, je voulais vous assurer que vous êtes loin d'être seul(e) dans ce cas. Je lisais l'autre jour qu'il y auraient au moins 20% des parents qui rencontreraient, à un moment donné ou à un autre, de très grandes difficultés avec leur parentalité. Donc vous voyez, vous n'êtes pas un cas isolé.

Les autres ne s'en sortent pas forcément mieux que vous, ils sont juste plus doués pour cacher leurs difficultés. Ou ils sont aussi doués que vous pour cela, car honnêtement, parlez-vous de vos contradictions, de vos échecs, de vos écueils avec votre entourage? C'est souvent très compliqué d'avouer qu'être parent ne correspond pas toujours à nos attentes, que le rêve ne cadre pas avec la réalité.

 

En fait, je suis de plus en plus persuadée que le mode de fonctionnement classique de notre société actuelle est incompatible avec une parentalité respectueuse des besoins de l'enfant. On peut se débrouiller comme on peut, combler au mieux les lacunes et s'en sortir même avec un peu de chance pas trop mal, mais on ne parviendra jamais à atteindre les idéaux mis en avant par la parentalité bienveillante dans le contexte de vie dans lequel nous évoluons.

Comprenez-moi bien, je ne veux absolument pas dire qu'il faut pour autant renoncer à ces idéaux! Je crois personnellement dur comme fer à leur légitimité et à leur raison d'être. Et j'essaie tant bien que mal de les vivre au mieux au quotidien. J'y arrive parfois très bien mais soyons francs, j'échoue complètement à d'autres moments, et ce malgré mes années de pratiques, de lectures et de recherches sur le sujet, mes formations, mes diplômes et mon travail de consultante. Mais ces idéaux doivent être accueillis et compris pour ce qu'ils sont : des aspirations pures et utopiques, tendant à l'excellence et non à la réalité. Des idéaux à garder constamment dans un coin de notre tête comme un objectif parfait mais inaccessible. Des idéaux qui ne doivent toutefois pas nous faire perdre de vue que parvenir à équilibrer ses besoins de parents et les besoins de nos enfants, c'est une sacrée gageure.

 

 

Mais pourquoi en est-il ainsi?

 

Des générations d'adultes ont eu des enfants avant nous et ils n'ont pas spécialement donné l'impression que c'était la quadrature du cercle que de les élever. Alors qu'est-ce qui s'est passé? Qu'est-ce qui a changé?

Voici quelques pistes non exhaustives permettant d'expliquer en partie cette situation.

 

  • La place des enfants dans la société a changé.

Il y a plusieurs siècles de cela, les enfants, même s'ils pouvaient être aimés et choyés, étaient généralement au mieux une main d’œuvre bon marché, au pire des bouches à nourrir sans peu d'intérêt autre que celui de succéder à leurs parents. Au milieu de ces deux extrêmes, ils se devaient d'être façonnés selon une image prédéfinie se transmettant de génération en génération et qui ne laissait finalement que peu de place à la réflexion ou au questionnement métaphysique. Les enfants étaient destinés à faire ce que leur père et leurs grands-pères avant eux avaient fait. Les garçons apprenaient leur métier en imitant leur père ou partaient jeunes en apprentissage. Les futurs chevaliers, par exemple, commençaient leur carrière dès sept ans en tant que page dans un château parfois très éloigné de sa résidence d'origine. Les filles prenaient très tôt en charge une partie du fonctionnement de la maison. La forte mortalité des femmes en couches et des enfants en bas âge ainsi que l'imprégnation religieuse de la société menaient, je crois, à relativiser en partie l'importance et le caractère quasi sacré que nous attribuons aujourd'hui à la vie sur terre. Notre vision de l'enfance a complètement évolué. Nous ne voyons plus cette période comme un intervalle de latence avant l'âge adulte mais comme un moment à part entière aux ramifications insoupçonnées. Ce qui nous amène au deuxième point.

 

 

  • La psychologie a gagné ses lettres de noblesse et droit de cité dans les universités.

Le développement de la psychologie avec la prise de conscience de l'influence de nos expériences passées sur notre psyché actuelle a profondément marqué les enjeux de la parentalité. Il n'est plus possible aujourd'hui, après les répercussions des travaux de Freud, Jung ou Lacan, de méconnaître l'importance de l'enfance sur l'adulte en devenir. Cette interconnexion fait poser une responsabilité considérable sur les épaules des parents qui se trouvent soudainement à l'origine du bon développement intellectuel, émotionnel et psychologique de leur progéniture, là où le destin, la fatalité, la volonté de dieu ou la nature intrinsèque de l'enfant étaient autrefois mises en cause. L'éternel débat entre l'inné et l'acquis ne penche vers ce dernier que depuis le déploiement du siècle des lumières et plus tard des théories béhavioristes. Quoiqu'il en soit, on sait désormais que les enfants sont de véritables éponges qui absorbent tout ce qui les entoure. Comment ne pas se sentir parfois découragés et coupables devant l'incommensurabilité de cette tâche?

 

 

  • Les valeurs de la société ont évolué.

Nous parlions autrefois de morale, de travail, de devoirs, de respect. Nous parlons aujourd'hui d'épanouissement, de bonheur, de bien-être, de connaissance de soi, de développement personnel. Les valeurs d'hier étaient aisément atteignables pour une majorité d'entre nous grâce à des mécanismes coercitifs majoritairement reconnus pour leur efficacité et leur bien-fondé dans ce domaine. Les valeurs d'aujourd'hui demande une implication parentale bien plus profonde et plus compliquée à mettre en place que de simplement interdire et punir. Être un personnage apprécié dans la communauté fermée dans laquelle sa famille évolue depuis toujours, un personnage qui joue son rôle prédéfini comme convenu, ce n'est finalement pas très compliqué du moment où l'on accepte ce rôle. Devenir une personne épanouie et bien dans sa peau, a contrario, ce n'est pas une mince affaire. La première proposition ne demande que de gérer au mieux son rapport avec l'extérieur et la société, la deuxième exige d'être en paix avec son monde intérieur et tout ce qu'il a de détonant, d'égoïste et d'inavouable. C'est vraiment une autre paire de manches! Avoir des enfants sages n'est en définitive pas si compliqué que cela à partir du moment où les menaces et les punitions, même physiques, sont considérées comme acceptables pour parvenir à ses fins. Il y a bien sûr toujours eu une poignée de rebelles qui ne rentraient pas dans le moule. Mais ce n'était rien par rapport à la nécessité de contrôler tout un environnement afin que celui-ci soit propice à fournir l'engrais nécessaire à l'épanouissement de nos enfants.

Ce besoin de bien-être ne s'applique d'ailleurs pas qu'aux enfants. Nous, les parents, nous sommes également demandeurs de fous rires, de joie, de petits bonheurs, de moments pour nous, d'accomplissements personnels et professionnels, de reconnaissance. Nous voulons être bien dans notre peau et réussir sur tous les fronts. Et pourtant, nous sommes certainement moins résistants, moins persévérants et moins tolérants à la frustration que ne l'était la génération précédente. Nos attentes ont donc fait un bon de géant sur l'échelle des hormones dites du bonheur comme la sérotonine, la dopamine, l'adrénaline ou même l'ocytocine, mais nos capacités à créer celles-ci ont nettement reculé. Des valeurs comme la patience, l'abnégation, la résistance à la douleur, l'acceptation du monde tel qu'il est, la résignation se sont éloignées de ce qui fait notre quotidien. A tort ou à raison d'ailleurs, ce n'est pas à moi de juger cela. Je constate seulement qu'il est peut-être plus compliqué pour nous d'accepter les aléas de la vie contemporaine que cela ne l'était après des périodes plus troublées comme des conflits armés sur notre territoire.

 

 

  • Le fonctionnement même de la société a changé.

Le modèle de cellule familial n'est plus le même: nous sommes passés d'une cellule élargie présente au quotidien à des modèles où les parents sont souvent, au mieux, aussi nombreux que les enfants, au pire, moins nombreux. Se reposer quelques instants sur un autre adulte pour souffler un peu demande aujourd'hui une organisation sur le long terme. Pour la moindre sortie, il faut prévoir un baby-sitter. La plupart des parents n'ont plus la possibilité de laisser les enfants à la maison avec leurs grands-parents ou de demander à la voisine de palier de s'en charger. La taille des réseaux de soutien de proximité a diminué comme peau de chagrin en une ou deux générations. Où est donc passé le foutu village qui devait nous aider à élever nos enfants?! Envolé! À cela s'ajoute une évolution de notre quotidien, marquée par un environnement ambiant non physiologique: trop d'écrans, de sédentarité, de bruit, de stress, de stimulations, de tentations, de satisfactions immédiates, de produits alimentaires toxiques pour notre organisme, de pollution... Et pas assez de calme, de nature, de contacts humains de qualité, de légumes, de vitamines, de minéraux et d'oligo-éléments, d'anti-oxydants, de maîtrise de sa vie, d'engagements, de reconnaissance, de confiance et de certitudes...

 

 

 

 

Mais concrètement, que faisons-nous dans ce cas?

 

Désolée de le dire ainsi, mais je crois que le terme est approprié. Et bien, on se démerde comme on peut. Il n'y a malheureusement pas de recettes miracles et encore moins de bon plan qui fonctionnera quoi qu'il arrive. On fait au jour le jour, en gardant certes le cap, mais en acceptant que nous allons souvent devoir rafistoler le bateau avec ce que nous avons sous la main. Nous devons faire preuve de bon sens et de créativité, et chercher au mieux à contrer les obstacles sociétaux et personnels cités ci-dessus. Essayer, au milieu des obligations de l'école et de nos travails, de passer quelques heures dehors, en pleine forêt, à marcher, rire, courir et embrasser les arbres. Tenter, quand c'est possible, de proposer des petits-déjeuners et des goûters à nos enfants qui ne soient pas faits de pains, de céréales sucrées ou de gâteaux. S'évertuer à créer du lien avec eux, encore et toujours, dès que l'occasion se présente, en posant nos portables et en les écoutant, en les serrant dans nos bras, en jouant avec eux, en dormant avec eux si le cœur nous en dit. Ne nous laissons pas dicter notre conduite par la société. Elle n'est le reflet que d'une époque, d'un lieu, d'une culture. Elle n'a rien d'universel et dans le cas présent, elle est souvent source de dommages collatéraux chez l'enfant.

Le premier pas vers le changement est de prendre conscience du problème. Commençons donc par là. Je crois que le deuxième est de s'entourer des personnes adaptées, positives et bienveillantes. Ne restez pas seuls. Osez demander de l'aide, que cela soit pour vous changer les idées, pour garder vos enfants ou pour papoter autour d'une chocolat chaud à la cannelle. Le réseau, le soutien, l'écoute sont les piliers, la base de l'épanouissement sur le long terme. Il est prouvé que ce sont d'excellents facteurs de réduction du stress. Quand on a quelqu'un avec qui partager ses inquiétudes et ses peurs, tout nous paraît plus simple.

 

Et si vous sentez que vous avez besoin d'une aide plus ciblée et plus professionnelle, contactez-moi! Je suis là pour vous accompagner au mieux dans votre parentalité, pour vous aider à vous positionner par rapport à vos enfants et pour adapter votre mode de vie à leurs besoins et aux vôtres. Appelez-moi et nous parlerons de ce que nous pouvons mettre en place ensemble pour améliorer votre quotidien.

 

 

En attendant, rassurez-vous. Vous faites comme tout le monde, vous faites ce que vous pouvez. Et c'est déjà beaucoup. Que cela ne vous décourage toutefois pas de chercher - et de trouver! - des voies de traverses, des passages secrets et des chemins inexploités. Ils sont foison quand on sait où regarder. Certains se révéleront peut-être des impasses à long termes, d'autres seront certainement plus profitables. Mais quels qu'ils soient, ils ont toujours le mérite de vous faire avancer.

Encore une fois, il n'y a pas de solution toute faite. Il n'y a que des solutions qui conviennent à toute votre famille et qui vous permettent de garder vos idéaux en ligne de mire.

 

Et puis, à force de marcher à contre-courant et de se débattre sur des pistes non défrichées, peut-être parviendrons-nous à faire changer la société pour qu'elle s'adapte enfin à nous et que nous n'ayons plus besoin de nous adapter à elle.

 

Visons les étoiles pour atteindre la lune.

 

 

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Commentaires: 2
  • #1

    Géraldine (mercredi, 05 février 2020 09:27)

    Article passionnant, merci!! J'adore vous lire, vous me mettez du baume au cœur. Cela fait partie de mes petits bonheurs, les jours où vous publiez des articles. Continuez comme cela.

  • #2

    Familles-naturos (vendredi, 07 février 2020 19:26)

    Merci Géraldine. Ce sujet est peu mon cheval de bataille! :-)

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Certifiée Féna, la Fédération Française des Écoles de Naturopathie

 

Membre de l'OMNES, Organisation de la Médecine Naturelle et de l'Éducation Sanitaire