Visites au musée, béquilles et motricité libre

Un de mes cheval de bataille, vous l'aurez certainement remarqué si vous me suivez ou me connaissez depuis un moment, est l'inadaptation de notre société moderne aux besoins physiologiques des adultes comme des enfants, que cela soit en matière d'alimentation, d'environnement scolaire, d'hyperstimulation citadine, de pollution ou encore de routines familiales. Je remarque souvent que des habitudes ancrées dans notre quotidien créent de toutes pièces des dysfonctionnements qui n'auraient pas lieu d'être dans des conditions de vie plus adaptées et que la société doit alors d'inventer des solutions, des béquilles, afin de palier à ces troubles artificiels. Mon quotidien m'en a encore fourni un exemple il y a peu de temps qui m'a inspiré ce billet d'humeur.

 

 

Visites au musée

 

Quand l'occasion se présente, que cela soit près de chez nous ou en vacances, j'aime aller au musée et j'ai toujours amené mes enfants avec moi. Tout simplement parce que cette démarche s'inscrit selon moi dans la continuité de notre mode de vie selon lequel j'essaie de ne pas créer de frontière arbitraire entre le monde des enfants et celui des adultes. Et parce que je considère que l'art, la culture, la science sont des notions qui doivent faire partie du quotidien depuis le tout jeune âge. Or, j'ai remarqué depuis quelques années une recherche louable des lieux culturels en général et des musées en particulier - tout comme des châteaux d'ailleurs ou des zoos/aquariums - à s'adapter à un public plus jeune en tentant de paraître moins rébarbatif.

On voit ainsi se développer dans les expositions culturelles des audio-guides spécialement conçus pour les enfants avec des anecdotes plus à même de retenir leur attention, des jeux de pistes, des énigmes à déchiffrer avec parfois à la clé un mini-cadeau pour les plus endurants qui auront réussi à remplir leur questionnaire - avec ou sans aide des parents !  -, des écrans connectés, des vidéos censées rendre l'apport d'informations plus accessibles et plus agréables, non seulement aux enfants, mais également aux parents qui sont habitués depuis une bonne dizaine d'années à zapper, surfer et cliquer à la vitesse de l'éclair, des mini-spectacles en son et lumière pour capter l'attention de tous... D'une manière générale, je pense que nous pouvons convenir que les musées sont bien plus colorés, vivants et joyeux qu'ils ne l'étaient à la génération précédente. Il est même devenu relativement courant de trouver des visites guidées spécialement conçues pour les tout petits, à un âge même ridicules si vous voulez mon avis. Autant j'approuve le fait d'aller aux musées avec ses enfants, autant je me questionne sur le bien-fondé d'emmener des bébés de 8 ou 10 mois toucher des morceaux de tissus dans une structure publique spécifique alors que cette activité peut parfaitement se dérouler dans le milieu familial. Rappelons qu'un enfant de cet âge n'a absolument pas besoin de voir d'autres enfants, son besoin de sociabilisation est parfaitement couvert par son quotidien avec sa famille et/ou sa figure d'attachement. Se retrouver en présence d'un nombre inhabituel d'individus peut au contraire le rendre anxieux en le stimulant de manière disproportionnée: il pourra alors s'ensuivre des difficultés d'endormissement, d'alimentation, de digestion ou au contraire une forme d'apathie pendant laquelle le bébé va dormir outre mesure pour se protéger et pour travailler intellectuellement tout ce qu'il a découvert. Sa maman ou son papa, s'ils le gardent à la maison, par contre, peuvent éprouver le besoin de voir du monde et de sortir, mais alors pourquoi se cacher derrière une hypothétique justification culturelle? Quoiqu'il en soit, je m'égare. Mettons de côté ces activités pour bébé et revenons à nos moutons. Les musées ont renouvelé leur offre afin de se rendre attrayants aux enfants et d'attirer un nouveau public. C'est super, non?!

 

Vous vous en doutez, si je vous parle de tout cela, c'est que je ne suis en réalité pas à l'aise avec ces ajustements.

Je reconnais certes un intérêt pédagogique à court terme à ces démarches. Je m'interroge néanmoins sur ce qui a poussé la société à devoir les mettre en place. Pourquoi semble-t-elle aujourd'hui avoir besoin de nouveaux outils pour intéresser un public alors que cela ne semblait autrefois pas le cas? Est-ce qu'une partie de la population précédente est vraiment passée à côte de l'accès à la culture et que ces méthodes auraient gagné à être proposées plus tôt? Je n'ai pas fait de recherche sur le sujet, je n'ai toutefois pas l'impression que le français lambda actuel possède une culture générale plus développée que ses parents ou que ses grands-parents. J'aurais même tendance à penser que c'est plutôt le contraire.

 

Sans pour autant considérer les méthodes pédagogiques scolaires du début du vingtième siècle comme justifiées et bénéfiques, reconnaissons qu'à cette époque, les enfants parvenaient à tenir en place pendant de longues heures sur une chaise, au mépris total de leurs besoins et de leur physiologie, à force de punitions et de menaces. Les livres d'école étaient froids, sans fioriture ni couleur, construits avec un vocabulaire d'adulte et une progression rapide, laissant potentiellement sur le carreau un grand nombre d'élève. Aujourd'hui, tous les professeurs des écoles pourront nous certifier que ce n'est plus le cas: les enfants ont perdu en capacité d'attention, ils ne parviennent plus à rester concentrés sans bouger, sans dériver sur autre chose, sans parler. Les livres scolaires sont colorés, plein de petits paragraphes destinés à attirer le regard, ils font intervenir l'élève, le font réagir en lui posant des questions, le vocabulaire a été nettement simplifié afin que tous les enfants le comprennent... Les élèves présentent dorénavant de grandes difficultés à apprendre de manière classique, en engrangeant des informations fournies par une tierce personne, à un rythme qui n'est pas le leur. Quelle en est la raison? Est-ce tout simplement parce que l'être humain n'est pas fait pour apprendre dans ces conditions et ce qui fonctionnait dans une certaine mesure autrefois selon la technique de la carotte et du bâton ne fonctionne plus aujourd'hui où ces méthodes irrespectueuses ont heureusement été (plus ou moins) bannies des établissements scolaires, ou bien est-ce parce que la société a perverti ces capacités d'apprentissage?

 

Je crois personnellement que, comme souvent, la réponse se trouve entre les deux. Les progrès réalisés en sciences sociales et en pédagogie ont montré qu'un apprentissage de qualité nécessite une participation active et non passive de l'apprenant. Celui-ci a généralement besoin d'utiliser son corps en entier pour apprendre en profondeur, de manipuler, de vivre ses apprentissages d'un point de vue sensoriel et émotionnel, pas seulement cognitif. Il a aussi besoin d'avoir envie d'apprendre et d'être motivé pour ce faire. D'un autre côté, les études et le bon sens montent également que l'homme en général et l'enfant en particulier ont un grand besoin de bouger, de se dépenser, de marcher, de courir, de sauter, de grimper aux arbres, de jouer dans la nature. Nous pourrions donc être tentés de conclure un peu rapidement que l'enfant n'est pas adapté aux musées et que c'est un bienfait que les musées cherchent à s'adapter à lui.

 

 

L'usage de béquilles

 

J'aimerais néanmoins pousser la réflexion un peu plus loin. Si vous avez des enfants, vous avez déjà certainement connu cette expérience digne d'un test de patience bouddhiste consistant à mettre une heure pour parcourir 100 m avec votre bambin car celui-ci s'arrête tous les deux pas pour observer un brin d'herbe, un escargot, grimper sur une marche d'escalier ou sauter à pieds joints dans une flaque d'eau. Il réalise tout cela avec une concentration inaltérable et ne semble alors avoir aucun problème particulier pour rester calme à apprendre et comprendre le déplacement d'une fourmi. Les tout petits savent faire preuve d'attention: ils nous observent toute la journée pour apprendre de nous, ils tâtonnent pendant des heures à chercher le bon mouvement pour se retourner encore et encore ou pour commencer à crapahuter dans tout l'appartement, ils peuvent regarder pendant de longues minutes un reflet de soleil sur un mur ou écouter un chant d'oiseau. Alors où part donc cette aptitude en grandissant? Sommes-nous condamnés à devenir impatients et avides de stimulation en vieillissant? Je crois personnellement que ce changement de comportement est surtout dû à l'environnement dans lequel les enfants sont plongés depuis leur plus jeune âge. En allant à l'école très jeune, toute la journée, ils sont soumis trop tôt à de nombreuses sources de stress et à une ambiance physiologiquement néfaste. Il faut comprendre que le bruit, la lumière, les cris, les rires, tout ce qui nous entoure et qui se démarque du reste est perçu par notre organisme comme un stress nécessitant une réaction d'adaptation. Cela engendre une défense d'énergie superflue et une décharge d'adrénaline et/ou de cortisol qui risque d'endommager à terme l'organisme et de l'épuiser. En outre, les enfants d'aujourd'hui ont nettement moins de moments de décharge potentielles qu'ils n'en avaient autrefois. Ils passent moins de temps dehors, au contact de la nature, à jouer en bandes de copains ou à travailler physiquement et plus de temps devant les écrans à visualiser des images elles aussi stressantes pour le cerveau. Les week-ends, ils ne savent plus s'occuper seuls et s'ennuient rapidement, leurs parents se sentent alors tenus de leur organiser un super programme avec une sortie au parc d'attraction ou à la salle de jeux afin de passer du temps ensemble et de leur créer de beaux souvenirs. Mais ces lieux creusent encore l'écart entre le mode de vie de la population et ce dont elle aurait besoin. Cette société de consommation dans laquelle il est possible d'avoir dans une certaine mesure tout ce que nous voulons quand nous le désirons, en commandant par exemple des objets de consommation sur internet que nous recevrons dès le lendemain, avec des armoires, des placards et des frigos pleins, n'incitent pas à l'apprentissage de la frustration, de la persévérance et à la patience. Elle pervertit au contraire les choses simples en les rendant au fil du temps et des années désuètes et inintéressantes car dépourvues d'adrénaline. C'est le problème de l'habituation. Ce qui nous donnait autrefois du plaisir finit par ne plus nous en donner au fil du temps et pour retrouver l'excitation, l'intérêt du début pour la nouveauté, nous devons nous tourner vers autre chose.

 

Revenons-en à mon exemple de musée. Mes enfants n'étant pas scolarisés, ils ne sont pas gavés d'apprentissages qu'ils n'auraient pas initiés et leurs besoins primitifs de mouvement, de jeux et de nature sont plus ou moins remplis. Avec une mère naturopathe, leur corps subissent un peu moins de carence que ceux de leurs copains et souffrent également moins des effets de toxines éventuelles. Leurs réservoirs de carburants physiologiques sont donc au beau fixe et leur motivation à aller au musée, ainsi que leur capacité à écouter, regarder et observer ce qui les entoure est encore relativement intacte. Si nous effectuons une visite seuls, sans outil dit pédagogique particulier, nous nous arrêtons au gré de nos envies, nous discutons de ce que nous voyons, en passant plus de temps à certains endroits et moins à d'autres. La visite se déroule généralement dans le calme, mis à part quelques exclamations par-ci par-là. Lorsque nous nous promenons avec un livret à remplir fourni par le musée, je remarque que les enfants ne regardent plus autour d'eux ce qui les intéressent mais cherchent à trouver les solutions à tout prix, le plus vite possible. Ils ne profitent alors plus pleinement de la visite et passent à côté d'une grande quantité d'informations. En définitive, à force de créer des être humains carencés en expériences personnelles épanouissantes, en magnésium, en omega 3, en vitamine D, en soleil, en pluie, en verdure, en mouvement, la société finit par être obligée de palier à ces manquements en trouvant des remèdes à la tendance hyperactive de certains et aux désintérêts de d'autres. D'où le terme de béquille. Mais ces solutions ponctuelles ne font que renforcer le problème sur le long terme. C'est le use it or lose it anglais. Si je n'utilise pas une de mes capacités, je la perds. Quand je prends l'habitude d'avancer avec une béquille ou avec un fauteuil roulant, mon corps s’accommode rapidement de cette aide et perd en fluidité, en muscle et en souplesse. A terme, il pourrait être difficile de s'en passer. On recommande ainsi souvent aux personnes âgées d'attendre le plus longtemps possible avant de commencer à utiliser un fauteuil roulant car elles ne parviennent généralement  plus à marcher après cela.

 

 

Ce nivellement vers le bas, ce besoin de tout décortiquer, de tout simplifier pour gagner en efficacité et en rapidité d'apprentissage a ceci de bien que moins d'individus sont théoriquement laissés pour compte. C'est par exemple le cas de la pédagogie Montessori qui fait des miracles chez de nombreux enfants en posant des bases claires et précises sur lesquelles les apprentissages futurs pourront se développer correctement. Mais ce nivellement ne pousse pas à améliorer sans cesse ses capacités, à se dépasser, à faire des bons de géants. Les enfants précoces par exemple sont souvent peu enclins à s'épanouir dans les écoles Montessori car cette manière de couper les cheveux en quatre ne leur correspond pas du tout et ne fait pas honneur à leurs fulgurances.

 

En voulant aider les enfants à entrer plus facilement dans la lecture, de nombreuses maisons d'éditions ont ainsi fortement simplifié les textes de nos livres d'enfant, des Martine au Club des cinq, en passant par les Fantômettes. Quand mon fils aîné lit un Fantômette ancienne génération, il me demande sans cesse la définition d'un mot et j'ai parfois du mal à la lui donner! Lorsqu'il est plongé dans une nouvelle édition, je ne l'entends pas. Il comprend instantanément tout ce qu'il lit. Est-ce vraiment une bonne solution? Certes, un enfant un peu fragilisé dans la lecture aura plus de facilité à lire les nouvelles versions, mais dans quelques années, cette simplification à outrance ne va-t-elle pas entraîner d'autres difficultés? Même si je n'ai pas la réponse à cette question, je trouve qu'elle mérite d'être posée!

 

 

Motricité libre

 

Il arrive souvent que l'intervention des adultes dans le développement naturel des enfants entrave celui-ci. Par manque de confiance dans la capacité intrinsèque des enfants à déployer leurs ailes dans un environnement adapté et bienveillant, nous prenons souvent les devants en pensant bien faire. Le cas de la motricité libre est un exemple parfait de ce dysfonctionnement.

 

La motricité libre est un concept ancestral mais théorisé sous ce terme pour la première fois par Emmi Pikler, une pédiatre hongroise chargée d'administrer une pouponnière pendant l'après-guerre. L'idée générale est qu'un enfant a besoin d'attention bienveillante pour grandir, notamment lors des repas et lors du change où il doit se montrer aussi actif que possible - on demande à l'enfant de tendre les bras pour changer son T-shirt, on lui explique ce qu'on fait, on le fait boire au verre dès tout petit... -, mais que toute intervention consistant à le mettre dans une position qu'il ne pourrait prendre par lui-même entache sa confiance en lui et ses connaissances en ses capacités. En d'autres termes, lorsqu'un parent assoit un bébé alors qu'il n'est pas capable de s'asseoir seul, qu'il n'a pas trouvé par lui-même cette position - généralement à partir du quatre-pattes -, non seulement il rend son enfant dépendant de lui pour reproduire cette assise, mais il lui donne également l'impression fausse qu'il est capable de faire des choses qu'il ne maîtrise pas encore. A force, en étant régulièrement aidé à grimper sur un toboggan ou un muret, à descendre les escaliers, à marcher en tenant la main de ses parents..., l'enfant finit par perdre la parfaite conscience qu'il aurait sinon de ses capacités corporelles. Il se met alors à prendre des risques, à reproduire seul des situations qu'il ne maîtrise pourtant qu'en présence d'un adulte. Celui-ci perd alors confiance en l'enfant et à force de lui dire de faire attention car il risque de tomber, l'enfant intègre cette information et c'est un autre cercle vicieux qui se met en place. A vouloir aller plus vite que la musique, à aider un bébé qui n'a pas demandé d'aide - en tous cas, pas les premières fois -, on crée de toutes pièces un problème artificiel, une demande à l'adulte pour assurer sa sécurité, qui n'aurait sinon pas existé. En laissant au contraire l'enfant explorer à son rythme son environnement et son propre corps, on lui offre le cadeau incroyable d'apprendre à se connaître parfaitement.

 

Lorsqu'un bébé se met debout pour la première fois tout seul, il tombera peut-être à la renverse et il est possible qu'il se cogne la tête la première fois. Il faudra alors accueillir sa tristesse et sa frustration. Mais au prochain essai, il saura retomber sur ses fesses. Si nous sommes au contraire toujours là pour parer la chute pourtant insignifiante et non dangereuse dans ce cas, l'enfant se fera un jour réellement très mal quand nous ne serons plus là.

Cela ne signifie évidemment pas que nous devons rester les bras croisés à regarder nos enfants tomber. Si la chute peut être dangereuse, le mieux est tout simplement de rester dans les parages, prêt à récupérer le bébé qui aurait glissé. Mais s'il ne risque rien, être attentif et surtout ne pas lui transmettre nos peurs personnelles sont le mieux que l'on puisse faire.

Exemple d'un bambin de 10 ou 11 mois qui explore doucement et avec attention son univers.

 

 

Le même à 21 mois qui teste ses limites. Il est monté sur ce muret et a sauté par terre une bonne dizaine de fois jusqu'à ce qu'il maîtrise le geste.

 

 

Le petit garçon sur la photo est particulièrement agile de nature et il maîtrise ses gestes, aujourd'hui encore, des années après. Il est évidemment difficile de définir quelle partie de cette aisance corporelle est due à une prédisposition et laquelle est due à la motricité libre, mais le fait qu'il n'ait jamais été entravé dans ses mouvements a certainement joué un rôle.

 

Je vois régulièrement à l'aire de jeux des parents inquiets parce que leurs petits grimpent sur une structure non prévue à cet effet ou qu'ils considèrent trop haute. Ils leur disent alors invariablement quelque chose du genre: "Non, tu n'as pas le droit de grimper ici, c'est trop dangereux, c'est pour les grands, tu vas tomber et te faire mal." Mais ce sont les mêmes que je retrouve quelques années plus tard et qui déclarent à leurs enfants devenus timorés avec l'âge: "Mais regarde, pourquoi tu n'essaies pas, ce n'est pas compliqué, le petit garçon y arrive lui." Ce sont nos propres peurs, nos inquiétudes, notre besoin exacerbé de sécurité qui rendent nos enfants moins souples, moins agiles, avec des os plus fragiles et des muscles moins développés que ceux des générations précédentes. Travaillons sur nos émotions pour ne pas les transmettre à nos enfants et faisons-leur confiance tant que nous n'avons pas de raison valable de faire autrement.

 

 

D'autres manières d'accompagner les enfants vont dans le même sens. A la naissance, les bébés émettent de faibles signaux - froncement de sourcil, grimace... - avant de déféquer ou d'uriner. Si nous apprenons à écouter ses signaux et à y répondre, les bébés se retiennent d'abord quelques secondes, puis quelques minutes, le temps de les amener faire leurs besoins dans un endroit approprié. C'est ce qu'on appelle l'hygiène naturelle infantile ou HNI. Si personne ne répond à ses besoins, l'enfant finit par ne plus signaler son envie de déféquer et il faudra lui réapprendre à le faire 2 à 3 ans plus tard. Le problème de l'HNI, encore une fois, est que notre société actuelle n'est pas adaptée à sa pratique. Elle demande une constante proximité du bébé et d'un adulte référent et aussi d'accepter que des ratés se produisent, ce qui est nettement plus compliqué dans un appartement que dans la brousse. La société crée donc artificiellement un problème qu'elle devra ensuite combattre et résoudre : amener l'enfant à faire dans le pot avant l'entrée à la maternelle.

 

Un autre exemple est la DME, la diversification menée par l'enfant. Un enfant allaité peut parfaitement découvrir la nourriture solide par lui-même, en compagnie de ses parents, sans passer par le stade purée, lorsqu'il est prêt, ce qui se fait en moyenne vers 6 mois. Il mangera au début de mini quantités, trouvant ses nutriments essentiellement dans le lait maternel, et apprendra à se nourrir à son rythme, maîtrisant le choix des aliments et les quantités de manière active dès le début. Or, encore une fois, par peur que l'enfant ne manque de quelque chose ou pour accélérer le processus, la société nous pousse à passer par des purées afin d'augmenter les quantités d'aliments ingérés. Il faudra toutefois réapprendre ensuite à l'enfant à mâcher des morceaux quelques mois plus tard parce qu'il aura perdu l'habitude de le faire à force d'ingérer des purées à la petite cuillère.

 

 

Ce long texte parti d'un simple constat, l'introduction récurrente de livrets-jeux dans les musées, nous a mené bien loin. J'espère que ces réflexions vous auront apporté des pistes. Nous ne changerons pas la société dans son ensemble mais, comme le colibri, nous pouvons faire notre part. Essayer de réduire cet écart gigantesque qui existe entre notre mode de vie et nos besoins physiologiques archaïques. Et éviter d'intervenir trop souvent dans les apprentissages de nos enfants, surtout s'ils ne nous demandent rien. Car nous les rendons finalement dépendants et nous attaquons sans le vouloir leur confiance en eux.

Patience et longueur de temps font plus que force ni que rage!

 

 

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Certifiée Féna, la Fédération Française des Écoles de Naturopathie

 Membre de l'OMNES, Organisation de la Médecine Naturelle et de l'Éducation Sanitaire