IEF en France, où en est-on?

Le 2 octobre 2020, Emmanuel Macron décidait d’interdire l’instruction en famille (IEF) pour ne la réserver qu’aux enfants physiquement incapables de fréquenter un établissement scolaire. Pourquoi ? Comment ? Personne n’a réellement pu retracer la raison de cette décision sortie de nulle part. La tentative qui a été faite de la relier aux risques de radicalisation a, depuis, été démontée de toutes pièces. Le président a pris cette décision seul, sans aucune concertation préalable avec les différentes associations accompagnant l’instruction en famille et a priori, sans véritable connaissance du sujet. En se basant, certainement en quelques minutes entre deux portes, sur les préjugés habituels par rapport à cette situation.

 

Le conseil d’État ayant déclaré l’inconstitutionnalité de l’article de loi concernant l’IEF dans un projet de rapport avant de se rétracter (pourquoi ? Sous quelles diverses pressions?), et devant la colère des familles impactées, le gouvernement a donné l’impression de faire marche arrière, en tous cas officiellement. Dans sa grande magnanimité, il a donc entrepris d’élargir les critères d’autorisation officielle de l’instruction en famille en créant un 4ème motif dit de situation propre à l’enfant.

 

 

Cette année, pour pouvoir instruire son enfant en famille en septembre 2022, il fallait demander une autorisation entre le 1er mars et le 31 mai pour une des quatre raisons ci-dessous. Les premiers résultats de ces demandes sont en train de tomber :

  •  enfant ayant une pratique sportive ou artistique intensive de type sport étude (dans les faits, des familles ont reçu des refus lorsqu’une école à horaires aménagés existe dans le département de leur lieu d’habitation) ;
  • enfant malade ou handicapé (dans les faits, un médecin scolaire qui ne connaît pas la situation personnellement décide en commission de la capacité ou non de l’enfant de fréquenter un établissement scolaire. Et les décisions sont loin d’être logiques malheureusement. Aujourd’hui, nous nous retrouvons avec des familles d’enfants handicapés qui ne peuvent pas mettre leur enfant à l’école alors que c’est leur envie/besoin et d’autres à qui on refuse le droit de le garder à la maison alors que c’est leur envie/besoin. Précisons également qu’en cas de harcèlement scolaire, le directeur de l’établissement doit fournir un certificat confirmant le harcèlement et donc son incapacité à le faire cesser. On marche sur la tête.) ;
  • itinérance des parents (dans les faits, les cas d’itinérance voulue pour raisons personnelles semblent souvent rejetés. Ne reste que les itinérances professionnelles sans aucune possibilité de faire autrement, et encore, il y a des refus sous motif que l’enfant n’est pas obligé de suivre ses parents.) ;
  • et enfin, le dernier motif, celui a été rajouté pour faire taire tout le monde, des familles exaspérées aux députés récalcitrants: la situation propre à l’enfant. Lors des débats parlementaires, il nous a été promis que les familles qui instruisaient correctement leurs enfants ne seraient pas embêtées, qu’elles pourraient continuer, que l’objectif de cette loi était l’intérêt supérieur de l’enfant. (Dans les faits, de nombreuses académies refusent aujourd’hui ce motif 4, certaines systématiquement comme c’est le cas de l’académie de Dijon, d’autres en majorité, en justifiant leur décision par le fait que la demande ne présente pas une situation propre à l’enfant. En version plus ou moins officieuse, il est clairement expliqué que tous les enfants pouvant physiquement aller à l’école doivent le faire.)

 

Pour nous amadouer, le gouvernement avait aussi concédé aux familles en IEF cette année et disposant d’ un contrôle positif deux années d’autorisation de plein droit. Cela signifie que dans mon cas, par exemple, mes enfants pourront continuer l’IEF jusqu’en juin 2024. Mais après ? Que va-t-il se passer ? Pourrons-nous rentrer dans cette catégorie 4 que le gouvernement nous a tant fait miroiter et continuer tranquillement notre mode de vie puisque nous faisons les choses dans les règles. Dans les faits, des familles avec des aînés en IEF depuis des années, avec des contrôles annuels positifs, et donc avec un plein droit pour les aînés ont reçu un refus d’autorisation pour le petit dernier de 2,5 ans ou 3 ans qui devra donc prendre en septembre le chemin de l’école pendant que ses frères et sœurs restent à la maison. Dans son intérêt supérieur, bien évidemment !

 

Voilà quelle est la situation aujourd’hui. Le gouvernement a essayé de nous faire croire qu’il voulait seulement encadré l’IEF. En réalité, il continue de vouloir l’interdire indirectement, puisque directement, il n’en a pas le droit en raison de l’inconstitutionnalité de cette mesure. Il continue de vouloir changer le mode de vie de milliers d’enfants heureux, épanouis et bien dans leur peau sur des préjugés et des idéaux sans fondement. Alors même que des études ne cessent de montrer que les enfants en IEF vont bien. Que la scolarisation précoce n’est pas bénéfique pour les enfants (lien). Que l’école va mal, qu’elle manque de professeurs, de moyens, que les articles de presse décrivant sa défaillance s’accumulent. Mais pourquoi ?

 

Il semblerait en réalité que nous soyons victimes de notre succès. Les chiffres des enfants instruits en famille ont tellement explosé (crise de l’école, crise sanitaire, meilleure visibilité de l’IEF, développement de l’accessibilité des ressources grâce à internet…) que l’EN ne peut plus gérer sereinement notre encadrement. Et que plutôt que d’embaucher du personnel, on préfère tout simplement nous remettre dans les rangs. Comme plutôt que de former des enseignants de qualité et de soutenir ceux qui sont déjà sur le terrain à faire du super boulot, on préfère embaucher des contractuels sans aucune formation.

 

Peut-être que certains parmi vous pensaient que nous avions gagné, que l’instruction en famille avait été sauvé. Comme vous le voyez, c’est très loin d’être le cas ! Certains ont encore deux ans de sursis pour envisager une autre solution (école alternative, partir vivre à l’étranger…). D’autres sont d’or et déjà acculés devant la cruauté d’un gouvernement qui fait passer son idéologie et ses finances avant le bien-être des familles et des enfants et vont devoir essayer de se battre au tribunal administratif.

 

Aujourd’hui, je suis fatiguée. Je continue à nager à contre-courant parce qu’à contrecœur je ne peux pas, mais je suis fatiguée. Aujourd’hui, pour avoir fait le choix de grandir au quotidien à côté de mes enfants, de leur laisser le temps de vivre, de faire des choix et des erreurs, de développer des passions, je suis montrée du doigt. Aujourd’hui, pour avoir accouché seule à la maison, une jeune femme voit arriver chez elle 10 gendarmes pour lui enlever ses deux filles de deux ans et de quelques jours et les placer en pouponnière pour au moins 3 semaines en attente d’un jugement (lien). Par peur de maltraitance, sans connaître le dossier, sans se demander une seule seconde si ce n’est pas préjudiciable pour deux enfants aussi jeunes d’être séparées aussi longtemps et aussi violemment de leurs parents sur une simple suspicion alors que tant de faits avérés de maltraitance restent eux impunis. Mais les maltraitants sont dans le rang, alors on a moins peur, on tergiverse, on hésite. Aujourd’hui, une jeune fille qui interpelle le président de la république sur la place publique au sujet des ministres accusés d’agressions sexuelles dans son gouvernement se voit rabrouée par la police dans son lycée.

 

Je suis fatiguée.

 

Quel est le projet de cette société ? Que sous couvert de bons sentiments officiels, on se ressemble tous, qu’on ne fasse pas de vague ? On nous dit vouloir développer l’esprit critique des enfants dans les écoles, mais celui-ci ne doit aller que dans une direction, celle imposée par la société. N’avons-nous plus le droit de faire des choix individuels qui divergent de ceux de la majorité, même s’ils ne dérangent personne ? Et pourtant, les médias ne cessent de nous dire depuis quelques jours que la France n’est pas prête à avoir un gouvernement d’extrême gauche. Alors pourquoi nos libertés individuelles sont-elles piétinées de la sorte ?

 

 Courage à tous ceux qui se battent au quotidien pour faire changer les choses !

 

 Familles-naturos

 

 

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